RT 2012

La future RT 2012 portera deux innovations majeures, la définition d’une exigence globale en consommation d’énergie primaire en valeur absolue et une meilleure prise en compte de l’impact énergétique du bâti dès sa conception. La RT 2012 remplacera la RT 2005 et s’appliquera à toutes les constructions neuves faisant l’objet d’un permis de construire posé à compter de la fin 2012, mais dès 2010, à tout le secteur tertiaire non résidentiel ainsi que les logements neufs construits dans le cadre du programme national de rénovation urbaine. « L’effort 2005/2012 sera plus important que dans les réglementations précédentes, souligne Jean-Robert Millet, responsable de la division Energie au CSTB. La prise de conscience de la raréfaction annoncée des énergies fossiles et de la problématique du changement climatique a changé la donne. Pour préparer les bâtiments à ces nouvelles exigences, la RT 2012 s’articule autour de deux innovations fondamentales pour la mettre en œuvre : la définition d’un exigence globale en consommation d’énergie primaire en valeur absolue et une meilleure prise en compte de l’impact énergétique du bâti dès sa conception associée au coefficient Bbio créé spécifiquement.« 

Les différentes RT se fixaient tous les 5 ans autour de 10,15 à 20 % de réduction des consommations par rapport à un bâtiment de référence. L’objectif en kWhep/m2 (kWh d’énergie primaire par m2 SHON) dépendait ainsi de nombreux paramètres propres au projet (forme du bâtiment, détail des installations…). Avec la RT 2012, le coefficient de référence calculé à partir des détails du bâtiment sera remplacé par une valeur absolue, indépendante de la forme du bâtiment. L’effort demandé sera donc dès la conception du bâti, à tous les niveaux : forme du bâtiment, isolation des parois, orientation et nature des baies, protection solaire, étanchéité, inertie thermique…

Un nouveau coefficient – appelé Bbio – sera introduit dans la RT 2012. Il s’agit de qualifier la qualité énergétique du bâti avant de savoir quels seront les systèmes qui l’équiperont (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, photovoltaïque…). « Ce coefficient Bbio sera une exigence réglementaire destinée à orienter le concepteur dès le départ vers un bâti performant, les exigences de consommation d’énergie et de confort d’été étant par ailleurs conservées, précise Jean-Robert Millet. Le Bbio est une première étape. Elle correspond du reste au souhait des concepteurs de disposer d’une approche bioclimatique avant d’avoir à choisir l’ensemble des systèmes pour leur projet. C’est un premier cadrage qui leur permettra de savoir si leur bâtiment tient la route ou pas. »

La RT 2012 impose 17% de baies vitrées
Aujourd’hui, la moyenne  de la surface vitrée dans le neuf, par rapport à la surface habitable est déscendue à 13%. La RT 2012 va corriger cette tendance. L’étude de l’impact de la surface des parois vitrées sur le besoin d’énergie des bâtiments résidentiels réalisée par Carbonnel Ingénierie confirme que le ratio 1/6 de baies vitrées/surface habitable est un minimum et que l’augmenter améliore les performances énergétiques.
L’Entrepreneur novembre 2010